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Addiction et toxicomanie : comment agir face au manque de moyens ?

Addiction et toxicomanie : comment agir face au manque de moyens ?

Addiction et toxicomanie : comment agir face au manque de moyens ?

Alcoolique, toxicomane, accro… Ces expressions sont de plus en plus ancrées dans notre quotidien, sans pour autant être toujours bien comprises. Pourtant, selon le dernier rapport sur la drogue dans le monde, publié par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, 35 millions de personnes seraient atteintes de troubles liés à l’usage de drogues et nécessiteraient des services de traitement.

Addiction ou dépendance ?

La confusion entre les deux termes “addiction” et “dépendance” est omniprésente et il faudra les départager afin de pouvoir cibler chaque problème à part entière.

La dépendance est un syndrome qui se caractérise par un ensemble de phénomènes physiologiques, cognitifs et comportementaux à l’arrêt brusque de la consommation. L’individu ne consomme pas pour le plaisir mais pour ne pas subir les effets désagréables du manque et retrouver un état d’équilibre. 

Dans ce cas, le consommateur est bien conscient des problèmes qu’il engendre à lui-même mais il demeure dans l’incapacité de mettre fin à la consommation des drogues ou autres types de stupéfiants.

En effet, cette dépendance est principalement née d’une vulnérabilité génétique qui se construit chez la personne principalement pendant les périodes de l’enfance et l’adolescence.

Les traits de personnalité comme la recherche de sensations fortes, l’impulsivité, une humeur négative, une mauvaise représentation de soi jouent un rôle majeur dans la favorisation de la consommation de ces substances. Les troubles de comportement comme les conduites antisociales, l’intolérance à la frustration, l’instabilité émotionnelle font aussi partie des causes principales derrière cette dépendance. 

– Quant à l’addiction, elle est définie comme étant une pathologie cérébrale qui se repose sur la consommation répétée d’un produit (drogues, alcool, tabac…) ou la pratique excessive d’un comportement (pratiques sexuelles, jeux …).

L’addiction a malheureusement des conséquences sociales durables et significatives dans la vie de la personne comme l’isolement, la marginalisation, la déscolarisation, la perte d’emploi, la séparation et les problèmes financiers.

Outre des perturbations qu’elle cause sur le plan personnel, professionnel et social, l’addiction a aussi des répercussions médicales spécifiques au type de consommation ou de pratique. On constate chez les consommateurs des drogues des problèmes sexuels et de fertilité, des problèmes cardiaques (infarctus ou crises cardiaques), des états dépressifs, des cancers du poumon, des problèmes de vue et d’audition, etc. Certains consommateurs contractent même des maladies telles que le SIDA ou des hépatites. Les effets de ces drogues sur le cerveau sont si puissants qu’ils peuvent conduire à des troubles mentaux irréversibles.

Lutter contre ses addictions, comment s’en sortir ? 

Il est indéniable que la lutte contre l’addiction, surtout aux drogues dures, s’avère une mission âpre et ardue, mais cela n’empêche pas le fait que différentes formes de cure et d’aides psychologiques sont accessibles pour les patients toxicomanes qui veulent se libérer de leurs dépendances.

Les méthodes de soin les plus efficaces pour les problèmes de dépendance associent les communautés thérapeutiques, les groupes d’anciens patients et la psychothérapie comportementale et cognitive qui est le mode de traitement le mieux validé par les études scientifiques.

Ceci dit que pour les cas plus complexes comme les consommateurs qui risquent la surconsommation de substances psychotropes, une hospitalisation dans les centres de désintoxication s’impose.

Centres de désintoxication en Tunisie, comment compenser leur manque ? 

Les centres de désintoxication ont pour seule et unique mission d’offrir le soutien nécessaire aux personnes dépendantes à l’alcool, aux drogues ou aux médicaments. Les centres de désintoxication prennent en compte la vulnérabilité de leurs résidents et leur offrent un suivi personnalisé afin qu’ils puissent reprendre le contrôle de leurs vies.

Ces dernières années, un énorme problème s’est posé. Le seul centre de désintoxication en Tunisie, qui était situé à Sfax, a fermé ses portes suite à une faillite et donc un manque de moyens.

Le pays enregistre de plus en plus de cas de toxicomanes qui représentent non seulement un danger pour eux-mêmes mais aussi pour toute la société. Ces derniers n’ont aucun moyen qui prendra en considération leur situation critique et les conséquences se révèlent grave : des cas de suicide, des crimes et des actes de violences.

Une prise de conscience est nécessaire pour trouver une solution dans les plus brefs délais. Pourquoi ne pas commencer par des psychologues ou neurologues volontaires situés aux 24 gouvernorats du pays qui assureront le suivi médical de ces patients, surtout les plus démunis d’entre eux ?

Un projet d’un centre de désintoxication privé nommé “Centre Espoir” est en cours de réalisation depuis l’année 2019 mais n’a toujours pas ouvert ses portes. Serait-il alors la solution miracle qui sortira des milliers de tunisiens du gouffre de l’addiction ?

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Ines Ben Abdelhafidh

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